
Par julien Delabacaen January 2018 - contribuer
Si l’on en croit les discours, l’Etat pourrait porter une nouvelle ambition en matière de mobilité hors des grandes métropoles**. Car si ces dernières sont séduisantes pour les urbanistes - elles cumulent poids démographique, dynamisme économique et grandes infrastructures de transports - elle n’attirent pas forcément tous les français. Comme le montrent les études du CGET ou encore de l’Obsoco, il existe de nombreux habitants, non citadins, qui aspirent à tout autre chose : des lieux moins denses, moins pollués, moins contraignants en termes de déplacements. Mais voilà,** gérer les mobilités dans ces espaces, hors des métropoles, se révèle complexe.
Evidemment, on retrouve dans ces villes “moyennes” (même si on n’aime pas trop ce terme) quelques problématiques d’embouteillage, comme partout… Mais là s’arrête la comparaison. D’une part, car ces embouteillages ne sont pas encore assez « bloquants » pour véritablement motiver les élus à bouger. D’autre part, car ces villes ne présentent pas les mêmes volumes de déplacements que les métropoles : compliqué d’y faire tourner un bon gros réseau de transports collectifs comme c’est le cas à Paris, Lyon ou Bordeaux. Compliqué aussi de proposer une véritable multimodalité : trop cher pour la collectivité de déployer des VLS, ou de financer de la voiture partagée ; trop petit pour attirer des opérateurs privés et déployer du VTC ou du vélo en free-floating.
Alors faut-il baisser les bras ? Parfois, on en aurait envie... Mais non, voyons plutôt ces territoires comme un champ d’investigation intéressant pour penser de nouvelles formes de mobilité. En préalable, négocions ensemble deux points de vigilance à respecter scrupuleusement :
Concrètement, comment s’y prendre ? S’il existait une formule magique, nous ne serions pas là à en discuter. Questionnons plutôt un subtil mélange entre gouvernance de proximité, participation citoyenne, développement de nouvelles formes de mobilité et utilisation massive du numérique… à doser au cas par cas ! Ca paraît possible, moins coûteux que les stratégies déployées à l’heure actuelle, et surement plus pérenne. Quelques ingrédients distillés ici :
Profiter de la taille « humaine » de ces villes
Adapter l’offre à la réalité du terrain, en exploitant les nouvelles mobilités
Développer le soft plutôt que le hard
En somme, est il possible de sortir du technicisme ambiant et proposer du bon sens : expérimentons, essayons, optimisons, améliorons. C’est peut être cela l’innovation ! Alors bien sur, écrire, c’est facile. Déployer demande beaucoup plus de courage, de temps, de volonté. La puissance publique est occupée, ou plutôt préoccupée… par des enjeux électoraux, par son système administratif, par une concurrence réelle entre les villes. Les citoyens quant à eux, vivent leur quotidien, comme ils peuvent. Mais alors qui sera demain le tiers de confiance, le facilitateur, le connecteur ? Qui va impulser, motiver ? On a quelques idées.