Entrepreneurs, surprenez nous !

Par Gabriel Plassaten September 2015 - contribuer

Voitures volantes ou autonomes, services de voiture partagée en libre service, carburant hydrogène, voiture électrique partagée, les archives de l’INA regorgent de ces projets pilotes, de ces promesses. Mais les réalités des transports aujourd’hui restent fondamentalement les mêmes : autosoliste, faible usage du vélo et des transports collectifs d’autant plus que la densité baisse et que les horaires sortent du 8h-19h, congestion, fortes surcapacités et tensions sur les budgets publics.

La transition des pratiques de mobilités

Ces mauvaises expériences quotidiennes sont le carburant de futurs projets radicaux. La multitude de commuters équipés et expérimentés est prête, plus que jamais. Prête à être séduite par une offre de services différente, une offre d’expériences de mobilité moderne. En parallèle, les barrières à l’entrepreneuriat s’abaissent un peu plus tous les jours, pour transformer des idées en services ou produits. Le facteur 4 ne sera pas atteint uniquement par les progrès sur les véhicules. Il faut industrialiser la transition des pratiques et des usages. Outillons les entrepreneurs pour les accompagner dans leurs parcours et plus particulièrement ceux qui visent à changer les comportements de mobilité, à renforcer les modes les plus efficients, à développer les modes actifs. Et pour cela, questionnons les modèles d’affaires et les relations établies entre acteurs.

Il s’agit d’innover sans suivre de méthode pré-définie, ouvrir des brèches en partant des problèmes à résoudre, en composant avec les solutions techniques disponibles. Qu’ils soient dans des startups ou des groupes industriels, les entrepreneurs ont besoin de terrain de jeu, de bac à sable, d’être protégés quand leurs projets sont d’abord petits et fragiles, d’être reconnus grâce à l’expérience des précédents échecs. L’innovation se crée d’abord dans les erreurs, dans les sujets inattendus. Pourquoi avons-nous tant de connaissances, de savoirs, de capacité et des mobilités toujours aussi difficiles au quotidien ? Et si nos processus de fonctionnement entre les acteurs publics et privés filtraient les innovations pour ne garder que les incrémentales ?

Vous avez voulu des voitures volantes, vous aurez 140 caractères.

Nombre d’innovations révolutionnaires n’ont pas « trouvé de marché » : le segway par exemple. La courbe de Gartner, régulièrement mise à jour, nous indique que le véhicule autonome est actuellement le produit pour lequel se fonde le plus d’espoirs qui sera suivi par une baisse. Considérons cela comme un compost technologique qu’il faut connaître et cultiver. Devenir maître composteur et se connecter à la plus grande bio-diversité d’acteurs possibles. Le Cygne noir ne prévient jamais. Prenons quelques sujets …

Le covoiturage court distance, le Graal des mobilités quotidiennes, n’existe toujours pas. Et s’il s’agissait avant tout de construire une plateforme unique d’incitatif rassemblant des offreurs, des collectivités et des usagers ? Et si cela passait par la maîtrise du blockchain (voir ce groupe de discussion) pour mettre en œuvre de nouveaux contrats et sortir de l’impasse coûts acceptables / du temps perdu ?

Les voitures autonomes pourraient finalement être réservées au cœur des villes devenu sans conducteur humain. Mais ce seraient des mobilités lentes réalisées par plusieurs types de robots de toutes tailles. Ces évolutions techniques donneraient naissance à des modèles d’affaire inédits de mobilité allant de la gratuité au Premium. Dans ce domaine, il ne s’agit pas de viser seulement la validation technique de l’objet roulant automatique mais la multitude d’expériences de mobilité qui pourrait s’y appuyer dans un contexte où les modes de travail évoluent aussi très vite. La suppression du conducteur balaye cent ans de marketing automobile fondé sur la relation du conducteur à la machine. Tout est à réinventer.

Nos traces de mobilités sont-elles un gisement d’innovations ? Les pics du matin et du soir restent un problème majeur. Celui qui les baissera de 30%, séduira en quelques mois la plupart des villes monde. S’alimentant en données fraîches de billetique, de trafic, les algorithmes proposeront à chaque ville et de nombreuses entreprises, les meilleurs incitatifs et les meilleurs canaux de communication pour décaler de quelques dizaines de minutes les déplacements. Si Urban Engines arrivait d’ici un ou deux ans, quelles seraient les conséquences pour l’écosystème français ?

Et si le trajet domicile-travail était considéré comme un temps de travail ? Quelles conséquences sur nos modes de travail, l’implantation des entreprises, ou encore le versement transport ? Qui va s’attaquer au foisonnement de contraintes et récompenses sur tous les modes de transports pour les rendre compréhensibles, donc efficaces ? Changer nos comportements individuels devient un objectif ambitieux qui reste à incarner dans un projet de fiscalité réinventée.

Surprenez nous !

Questionner dès maintenant les modèles d’affaires existants entre les différents acteurs, expérimenter via le nouveau partenariat à l’innovation ou l’Article 3.6 du code des marchés publics. Plus que jamais, le territoire et la Multitude associée deviennent des composants majeurs dans les succès d’un projet. En conséquence, agir globalement en rassemblant sur des territoires pionniers tous les acteurs impliqués et ne rien prendre pour acquis. Venez nous voir avec des projets ciblés et surprenants, choisissez des problèmes et nous accompagnerons les équipes qui sont prêtes en abaissant un maximum de barrières qui vous ralentissent.

Entrepreneurs, faites connaître vos projets ! Ils sont le carburant de la Fabrique.

Collectivités, vous mettez en œuvre des innovations, indiquez nous vos procédures en accord avec le code des marchés publics.

Aider nous aussi à identifier et à capitaliser les communs de cet écosystème.

 

Pour en savoir plus :

L’innovation se crée dans les erreurs de prédictions des experts

L’échec des méthodes d’innovation