par Gabriel Plassat • la Fabrique

FabMob 2017 à 2018

Sur cette 1ère période 2016 à début 2017, qu’avons-nous appris ? Le secteur des mobilités poursuit sa mutation. Pas une semaine ne passe sans de nouvelles annonces d’un nouveau service en France et dans le monde. Pour autant, au quotidien, les citoyens vivent des mobilités difficiles et ne changent pas pour autant de pratique. Avec plus de 60 partenaires, 250 membres, nous avons organisé 27 Ateliers et conférences, publié un guide sur l’Open Source, découvert l’écosystème de Berlin et de Montréal, diffusé 7 newsletters, rédigé plus de 50 articles sur le blog et ouvert plus de 1000 pages sur le wiki. Les 10 startups sélectionnées lors du 1er appel ont été accompagnées et nous ont permis de confirmer plusieurs spécificités de la Fabrique.

L’année 2016-2017

Les ateliers startup/territoire et startup/industrie confirment ces différentes cultures et le besoin d’aider toutes les parties prenantes à se comprendre. Les différentes communautés d’intérêt permettent de bien partir des besoins des acteurs à court terme pour mieux identifier les communs utiles et mutualisables. Les startups du covoiturage quotidien produisent actuellement les 1er communs avec un cofinancement de l’ADEME et d’autres acteurs. Le bas coût de fonctionnement de la Fabrique permet de privilégier l’apport d’aide sur les communs.

Toutes les communautés peuvent désormais répliquer cette approche d’identifier des communs et de production en répondant à l’appel à communs sur des thèmes identifiés. Les ateliers thématiques sur l’open source (soft, hard) ont bien fonctionné avec maintenant plus de 250 ressources identifiées. La Fabrique accompagne également un partenaire industriel, Renault, dans l’ouverture de la Twizy pour identifier les meilleurs compromis pour Renault et l’écosystème. L’étude d’un boitier connecté open source est également initié.

Les infrastructure numériques (slack, wiki) et physiques (ateliers, conférences) mises en œuvre permettent à tous les membres de la Fabrique d’organiser des évènements, à créer des communautés, à documenter des connaissances, à échanger en groupe ouvert/fermé, à impliquer tout le monde dans la contribution.

Le marketing auprès de l’écosystème opère et plus de 300 startups sont venues vers la Fabrique. A ce stade, le nombre de partenaire est largement suffisant pour fonctionner, tout en étant représentatif des principaux domaines. Les efforts en matière de pédagogie sur les communs et l’open source commencent à faire effet grâce à des premiers exemples concrets.

La raison d’être et les propositions de valeurs de la Fabrique se dessinent. Il ne s’agit pas uniquement de viser la prochaine licorne de mobilité pour la faire émerger – même si elle peut y contribuer indirectement en travaillant les conditions favorables à cette émergence – mais également de créer un écosystème favorable, bienveillant, principalement par des communs transversaux nécessaires à l’émergence d’une multitude d’entreprises (startup, PME à groupe industriel) à fort impact sur les comportements de mobilité. Une fois des communs identifiés et nourris par leurs communautés, une approche systémique permettrait de créer, à l’échelle d’un territoire, une densité critique d’entreprises inspirées, coordonnées et cohérentes pour faire bouger les comportements de mobilité.

Il s’agit de mettre en synergie plusieurs composants et compétences pour qu’émerge une nouvelle solution pertinente localement utilisant des briques standardisées donc réplicables. L’Open Challenge, imaginé par plusieurs partenaires, répond à cet objectif.

Après cette année de construction, les points d’amélioration ne manquent pas ! comme le wiki (que nous sommes en train de faire évoluer …), la communication sur l’open source et les communs, l’implication d’un plus grand nombre de contributeur : toutes les idées sont les bienvenues !

Du réseau à l’association couplée au réseau

La création de l’association peut maintenant se mettre en œuvre en associant tous les partenaires volontaires pour rédiger les statuts, définir sa gouvernance pour élaborer une stratégie commune.  Il s’agit de maintenir la dynamique collective, de conserver les principes de fonctionnement principaux et d’apporter à la Fabrique de nouvelles capacités d’intervention grâce à l’association.

Un travail préliminaire de l’ADEME et de plusieurs partenaires a déjà été réalisé sur une première version des statuts de l’association et une première charte. Il s’agit désormais de faire émerger un cadre de collaboration optimal aboutissant à :

  • la constitution d’une association qui aura comme mission principale de poursuivre et pérenniser la dynamique initiée par la Fabrique des mobilités. Ses membres participeront à la gouvernance et d’inflexion de ladite dynamique d’innovation ;
  • l’organisation de la collaboration entre les contributeurs aux projets initiés et/ou soutenus par la Fabrique des Mobilités, ainsi qu’envers les tiers à la Fabrique des mobilités désireux d’exploiter ou d’étendre un projet (ensemble de règles formulé en termes de bonnes pratiques, de gestion de droits de propriété intellectuelle ou encore de charte entre les participants à une même dynamique).

Nous savons que les membres d’un écosystème ne sont réellement libres et innovants que lorsqu’un cadre clair et précis a pu être défini. Ce n’est qu’ensuite que les principes d’ouverture et de collaboration favoriseront la confiance et l’implication des différents membres. L’objectif est ainsi, à terme, de structurer le réseau de la Fabrique des Mobilités, favorisant ainsi la valorisation des communs et pérenniser durablement les relations entre parties prenantes.

Pour inscrire cette dynamique dans un temps long, il est essentiel d’impliquer concrètement les acteurs du réseau de la Fabrique des Mobilités le plus en amont possible dans le processus de structuration, afin qu’ils puissent s’en saisir et y contribuer. Pour cela, le travail de transformation sera intégré dans les processus d’action et de création déjà en place. Cette association pourrait permettre à la Fabrique des Mobilités :

  • De financer le fonctionnement du réseau de façon indépendante,
  • De financer le développement de communs ou ressources ouvertes mutualisées,
  • De participer à des projets nationaux et internationaux et d’être éligible pour recevoir des aides,

Les prochains Ateliers seront essentiels en commençant par celui du 16 Mai !

Elaborons une stratégie commune

En apportant un cadre, l’association permettra aux partenaires et startups volontaires d’identifier les outils et méthodes les mieux adaptés à l’accompagnement des entrepreneurs et intrapreneurs pour la prochaine saison en s’appuyant sur notre socle de communs. Nous commencerons alors à co-construire les principales propositions de valeurs actualisées en associant une stratégie de génération de revenus pour la période 2017-18 permettant la mise en autonomie financière progressive de la FabMob.

En intégrant les retours des premières formations et du coaching effectué en saison 1, nous poursuivrons le développement d’une offre de mentorat propre à la FabMob en s’appuyant sur ses partenaires industriels, startups, ainsi que sur les réseaux de l’innovation et réseaux d’entrepreneurs (APM, réseau entreprendre notamment).

Vers un réseau de Fabriques 

L’Open Source n’ayant pas de frontière, nous avons à cœur également d’identifier un écosystème étranger intéressé pour répliquer et adapter une Fabrique localement.

Sur la base des éléments construits pendant la saison 1, en cohérence avec la proposition du rapport d’évaluation de passer à l’échelle européenne, il s’agit de poursuivre les premières liaisons avec des relais étrangers, définir et valider les besoins en terme de promotion et de synergie avec des industriels et réseaux locaux notamment à Berlin, Montréal et Manchester (TravelSpirit). La Fabrique est construite pour être réplicable et doit être connectée à d’autres clusters européens et internationaux. Plusieurs raisons militent pour une expansion internationale rapide :

  • La logique des communs et de l’open source est clairement sans frontières,
  • Les startups ont également tout intérêt à s’implanter rapidement aux meilleurs endroits pour valider leurs hypothèses et leurs preuves de concepts, ou ensuite à se développer dans des environnements différents de la France,
  • Les partenaires industriels même s’ils sont mondiaux sont à la recherche de startups sans limite géographique et cela passe par de larges réseaux,
  • Les collectivités et territoires ont tout intérêt à partager leur expérience, mutualiser des développements et exploiter des ressources ouvertes.

Nous travaillerons avec OuiShare lors de plusieurs évènements, notamment Movin’On et OuiShare Fest, pour établir un guide visant à aider les écosystèmes à créer une Fabrique en partant de zéro.

La Fabrique se construit avec l’énergie et l’implication de chacun, individuellement. Contribuez de toutes les façons possibles et venez l’inventer avec nous ! D’ici quelques jours, le livre 2017 …