par Gabriel Plassat • industriels, Innovation

Movin’On à Montréal du 13 au 15 Juin

Le challenge Bibendum, évènement mondial des acteurs de la mobilité, devient cette année Movin’On du 13 au 15 Juin à Montréal. Il s’agit en fait d’une nouvelle étape importante pour Michelin. Erik Grab, pouvez vous nous raconter l’évolution du challenge Bibendum ?

Le Challenge Bibendum est né en 1998 à l’initiative d’Edouard Michelin et d’un certain nombre de ses collaborateurs proches et avisés. Ces derniers ressentaient déjà à cette époque le besoin d’échanger avec les Constructeurs Automobiles et autres Equipementiers sur l’avenir des véhicules sûrs et propres.

Depuis, édition après édition, cet événement est devenu le rendez-vous incontournable des acteurs de la mobilité durable en élargissant considérablement son audience à des entreprises du Digital et des TIC, des Universités, des Plateformes de mobilité, des start ups, des Villes, des Organisations internationales, etc. A nos objectifs communs de développer une mobilité plus sûre, plus propre et connectée se sont ajoutés, sous l’impulsion du Président Brésilien Lula lors de l’événement de Rio, une mobilité accessible et inclusive. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis 1998 puisque nous sommes par exemple devenu l’interlocuteur privé et privilégié de l’ONU dans le cadre des négociations climatiques et de la baisse des émissions de gaz à effets de serre dans le transport.

Nous avons développé, à la suite de l’événement de Chengdu en Chine, un écosystème « Open Lab Challenge Bibendum » de plus de 200 entités qui travaillent durant toute l’année au sein de Communautés d’Intérêts sur une plateforme collaborative pour relever les défis de mobilité durable qui sont devant nous. Nous attirons d’ailleurs de plus en plus d’entités nouvelles qui ne sont pas encore membres de notre écosystème Open Lab Challenge Bibendum d’où notre changement de marque pour l’événement. Nous appelons dorénavant cet événement  « Movin’on » et non plus « Challenge Bibendum » afin de rassembler encore plus largement les parties prenantes mondiales de la mobilité durable.

Nous avons mis en place une gouvernance participative pour notre écosystème Open Lab Challenge Bidendum. Nous décidons dorénavant de l’ensemble des activités et actions de cet écosystème avec des entreprises telles que Air liquide, Cap Gemini, CGI, Dassault System, DHL, Engie, E&Y, Faurecia, Mobivia, Orange, Thales, Total, Solvay…. et bien entendu la filière automobile Française (PFA)…..qui sont toutes membres de notre Corporate Advisory Board.

 

L’Open Lab nous intéresse beaucoup à la Fabrique car vous avez également regroupé des acteurs industriels pour fonctionner en écosystème, vous mettez en oeuvre des communautés d’intérêt via notamment une plateforme numérique. Quelles sont les principes clés que vous avez appris pour faire progresser un écosystème ?

Il s’agit pour nous avant tout de faire face aux défis mondiaux de la mobilité : congestion urbaine et pertes économiques associées, pollution des villes et mauvaise qualité de l’air, baisse des émissions de gaz à effets de serre et limitations des changements climatiques, financements des infrastructures de transport, mobilité pour tous donc inclusive, etc….les défis ne manquent pas !

Toutes les entreprises membres de notre Open Lab ont compris que seule elle ne parviendrait pas à traiter ces défis mais qu’en écosystème nous avions toutes les cartes en main pour tenter de les résoudre et donc pour créer une forte valeur sociétale et conséquemment de la valeur pour nos entreprises respectives. Cette conviction forte représente le ciment de notre écosystème avec une vision sociétale partagée qui a déjà fait l’objet d’un premier « livre vert » et à partir de laquelle nous constituons des Communautés d’Intérêt qui traitent de développement et de déploiement de briques de solutions à ces défis de la mobilité.

Chaque Communauté à une entreprise leader qui en gère les objectifs, les livrables, la feuille de route et qui, principe fondamental, en recrute les participants. Elle est aidée par mon équipe et par nos Community Managers à manager les interactions entre les participants sur la plateforme collaborative Open Lab Challenge Bibendum. Chaque Communauté bénéficie également d’événements physiques à travers le monde et durant l’année, dont Movin’on que nous évoquions à l’instant. En effet les membres des communautés ont également besoin de se rencontrer physiquement et ne peuvent se suffire d’échanger sur une plateforme sur le web.

Parmi les autres principes à retenir, deux d’entre eux me paraissent essentiels :

  • l’importance de suivre dans ces communautés un processus de prospective et d’innovation avec des méthodes et une boite à outils éprouvées,
  • la nécessité de terminer rapidement ces communautés lorsqu’elles sont arrivées à un « plateau de productions », pour mieux rebondir avec agilité sur d’autres sujets connexes et éventuellement d’autres communautés d’intérêt avec de nouveaux membres.

 

La Fabrique des Mobilités est impliquée dans Movin’On à Montréal avec une approche orientée vers les communs, les entrepreneurs et les territoires. Comment voyez vous la Fabrique des Mobilités et quelles sont les synergies à mettre en oeuvre ou à renforcer ?

Nous avons cru à la Fabrique des Mobilités dès sa création. C’est un dispositif essentiel et qui n’existait pas jusqu’alors. La Fabrique des Mobilités connectant start ups et territoires est fortement complémentaire avec l’Open Lab Challenge Bibendum qui regroupe avant tout de grandes entreprises internationales et des autorités publiques.

Mais nous poursuivons le même objectif : développer une mobilité durable de manière agile et rapide car les défis sont là et s’intensifient de par le monde. Nous avons tous deux conscience que les réponses rapides à ces défis passeront par des mises en commun d’actifs matériels et immatériels et par des coopérations fortes entre acteurs.

La Fabrique des Mobilités représente en outre à mes yeux un « Tiers de Confiance » unique pour des start ups qui sont souvent méfiantes vis-à-vis de grands groupes comme les nôtres qui sont perçus, à tort ou à raison, comme des prédateurs.

Les besoins remontés par la Fabrique des Mobilités à partir des territoires ont aussi beaucoup de valeur pour notre écosystème. Ces derniers représentent en outre de formidables territoires d’expérimentations potentielles. Nous sommes tellement convaincus de la pertinence de l’approche développée par l’ADEME que nous avons proposé aux autorités publiques Québécoises et Montréalaises de les aider à dupliquer la Fabrique des Mobilités au Canada, ce qui aura entre autres bénéfices pour notre écosystème Français de nous ouvrir une porte sur l’Amérique du Nord.

Enfin, Renault avec son projet POM basé sur Twizy et d’autres plateformes véhicules participent à un « Hardware Open Source Challenge » que nous lançons avec la Fabrique des Mobilités en France puis au Canada lors de Movin’on à Montréal. C’est là une nouvelle innovation sur la manière d’innover qu’il nous faut également apprendre à mettre en œuvre quand on voit que Baidu, le Google Chinois, fait déjà appel à l’Open Source pour développer son prochain Véhicule Autonome……