par Gabriel Plassat • Articles, industriels

Entretien avec Bruno Flinois, Fondateur de Clem’ et adhérent de la Fabrique

Pour ceux qui ne vous connaissent pas (encore !…), dites-nous ce que fait Clem’ ?

Entrepreneur dans les nouvelles technologies, j’ai souhaité très tôt être un acteur de la mobilité écologique. C’est pour cela que j’ai fondé Clem’ (anciennement MOPeasy) en 2010 avec la volonté d’offrir de nouveaux services en matière de mobilité écologique partagée, sociale et durable. Clem’ signifie « CLEs de la Mobilité » (et « CLEan Mobility » en anglais).
 Nous proposons une plateforme communautaire clem.mobi, accessible depuis Internet ou via une application mobile, qui combine des fonctionnalités d’autopartage de véhicules, de gestion des bornes de recharge et de covoiturage communautaire.
 Nous sommes les seuls à proposer une large palette de services pour partager voitures et trajets depuis une seule et même station. Notre plateforme s’appuie sur un parc de véhicules électriques et à énergie alternative avec pour objectif de diminuer l’empreinte carbone.

Savez-vous que si demain, chaque voiture mise en autopartage était électrique, avait un taux d’occupation de 1,4 personnes, grâce au covoiturage associé, et si 10% du parc automobile était proposé en autopartage, on résoudrait le problème de la qualité de l’air lié au déplacement des véhicules individuels ?

C’est ce mix véhicule électrique / consommation intelligente de l’énergie / autopartage covoituré qui permettra de diminuer la consommation de CO2 tout en créant du dynamisme économique !

A qui s’adresse votre offre ?

Notre crédo est de proposer nos services de mobilité là où les besoins sont les plus grands : sur les territoires péri-urbains et ruraux, en relais des transports publics, dans l’habitat collectif, dans les entreprises ou encore dans la smart city en couplant nos offres à des bouquets de services complémentaires. Nous équipons à ce jour en France plus d’une centaine de villes, une trentaine d’entreprises et une dizaine de bailleurs sociaux.

Nous aidons nos clients à imaginer les services les plus pertinents, souvent en bousculant des business model établis. Par exemple, le Conseil Départemental de l’Orne met à disposition de ses administrés la flotte de véhicules de ses agents, le soir, le week-end et les jours fériés. Ce service d’écomobilité inédit en France représente l’avenir !

Notre offre est pensée pour les trajets courte distance, ponctuels ou récurrents, professionnels ou personnels. Elle est flexible et offre des possibilités infinies en termes de nouveaux services !

Quels sont vos projets pour cette année 2018 ?

Nous allons poursuivre notre développement sur les territoires péri-urbains français où les besoins en solutions de mobilité sont les plus forts.

A titre d’exemple, début février, a été inauguré le service d’autopartage de véhicules électriques Mouv’nGo du Pôle métropolitain Le Mans Sarthe. L’objectif est ici de compléter l’offre de transports collectifs qui s’adressent avant tout aux scolaires et à certains actifs travaillant en horaires classiques. Ainsi, les habitants des communes de Ballon-Saint-Mars, Connerré, Brette-les-Pins, Écommoy, Guécélard et Etival-lès-Le Mans peuvent désormais réserver l’une des 12 Renault Zoé pour leurs trajets de courte durée. Le service comporte aussi un enjeu social dans la mesure où la mobilité est un facteur d’intégration contre l’exclusion et l’isolement.  Dans cette optique Mouv’nGo intégre également l’offre de transport solidaire « SOLI-DRIVE » qui permet à toute personne n’ayant pas le permis ou ne pouvant pas conduire d’être mise en relation avec un conducteur bénévole de son entourage qui pourra assurer son déplacement, que cela soit pour un rendez-vous médical, pour faire des courses ou tout autre motif d’ailleurs.

Autre important projet en cours : Les 61 communes de la communauté d’agglomération Ardenne-Métropole se lancent dans la mobilité électrique avec 149 bornes de charge implémentées par Nexans et auxquels viendra s’ajouter des véhicules électriques qui seront proposés en autopartage à la rentrée 2018.

Le secteur de l’habitat collectif investit également de plus en plus dans les services d’écomobilité ; les projets sont nombreux avec nos partenaires afin comme objectif que chaque résidence puisse être équipés d’un ou de plusieurs véhicules autopartagés. Les expérimentations dans le cadre du projet BienVenu porté par Enedis se poursuivent également. D’autre part, Clem’ poursuit son développement à l’international. Nous avons ouvert un bureau à Hong Kong en 2017 et en 2018, c’est Philadelphie qui nous accueille. Nous travaillons sur des projets d’écomobilité dans d’importants business centers et smart cities.

Enfin, 2018 est une année importante pour la technologie Clem’. De nombreux développements sont en cours pour viser encore plus loin, et nous vous en dirons plus très prochainement. Restez à l’écoute !

Qu’attendez-vous de votre adhésion à La Fabrique ?

Je suis emballé par la FabMob que je ressens comme un incubateur d’innovation. En tant que start-up dans un univers en plein bouleversement, il est impératif de se nourrir des idées et projets qui nous entourent et de partager les nôtres, de confronter nos points de vue. Je ne conçois pas que l’on puisse innover « efficacement » tout seul dans sa bulle et je ne peux qu’applaudir les initiatives qui me donnent l’occasion de progresser et de m’ouvrir à l’univers dans lequel j’évolue inexorablement. Et aussi j’adore aussi le nom qui évoque la création, l’implication et le fait que notre enjeu au quotidien est de donner vie à nos idées.